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Apprendre à ses collaborateurs à déconnecter – Une nouvelle mission des RH

Alors que la réforme du Code du Travail fait débat en France, un point de la Loi El Khomri ferait l’unanimité des salariés : c’est le « droit à la déconnexion ». L’objectif de cette recommandation est « d’assurer le respect des temps de repos et de congés ». L’enjeu est de taille !

Les technologies numériques qui pulsent nos économies et nos sociétés dilapident les énergies individuelles. Dans tous les cas, se pose aujourd’hui, le besoin de définir des cadres d’utilisation des outils numériques afin de recréer des frontières un peu moins floues entre les environnements professionnel et privé.

Le constat est sans appel : une majorité de salariés consultent leurs mails professionnels le soir, le weekend ou pendant leurs congés. Les raisons invoquées sont souvent « Consulter mes mails le weekend me permet de savoir ce que j’ai à faire avant d’arriver au travail. Je n’ai pas de mauvaises surprises » ou « C’est préférable, je ne veux pas laisser mes collègues dans la galère… » ou encore « Je dois le faire pour pouvoir réagir en cas d’urgence ». C’est la fameuse FOMO (Fear of missing out) qui nous guette toujours. Dans ce contexte où connexion et addiction se confondent parfois, et lorsque l’on sait que ces situations d’hyperconnexion sont des facteurs aggravants du burn-out, quel est le rôle des ressources humaines dans les entreprises ?

La réforme de la loi va protéger les salariés mais n’est pas un traitement suffisant pour « soigner » cette forme de « compulsion pathologique ». Dernièrement, un salarié m’a dit en formation : « je suis désolé mais je dois garder mon portable en vue. Si je ne le vois pas, je ne me sens pas bien… ». Indice révélateur d’un mal-être sociétal.

La mission des ressources humaines s’oriente donc plus aujourd’hui vers la promotion de la « joie de la déconnexion » ou JOMO (Joy of missing out). Mais quels outils peuvent proposer nos DRH à leur personnel pour éviter le sentiment de surcharge et d’hyperconnectivité ? Tout d’abord des outils techniques fournis par l’entreprise comme la coupure du serveur mail à compter d’une certaine heure ou l’impossibilité de consulter ses mails professionnels à l’extérieur de l’entreprise. L’intérêt n’est pas, évidemment, d’empêcher les salariés d’utiliser des outils indispensables mais bien de redéfinir des règles d’utilisation de ceux-ci.

Les DRH peuvent refavoriser les échanges verbaux en ressuscitant la politique du « No email Friday » aménagée pour l’entreprise et en proposant des outils de substitution. L’objectif est bien de gagner en productivité et bien-être et donc avoir une pédagogie persuasive pour faire évoluer les mentalités qui « s’accrochent » à leurs mails comme étant des preuves irréfutables de leur travail. Mais où est donc passée la confiance entre collègues ?

Enfin redonner des clés aux managers pour gérer ces situations de surcharge : apprendre à repartager ses problèmes de gestion de mails et d’outils numériques dans l’équipe plutôt que laisser son collaborateur se noyer dans la surabondance d’informations : prônons l’intelligence collective au détriment de l’individualité.

A l’heure où les Teambuildings perdent du terrain, nous pouvons les réactiver avec des séminaires déconnectés pour redécouvrir les gens avec qui nous travaillons.

Et pourquoi ne pas repenser l’organisation des services : le secrétariat filtre les appels, plus personne ne donne son numéro de téléphone direct alors ne pourrait-on pas avoir une personne polyvalente qui pourrait filtrer les e-mails de l`équipe ?

L’hyperconnexion est souvent un savant mélange de connexions privées et professionnelles. La première phase reste donc de prendre conscience de son degré de connexion et par conséquent de son incapacité à déconnecter. Alors à quand la pratique du respect à la déconnexion ? Nous avons le droit de ne pas consulter les informations au moment où elles arrivent. Les mentalités vont-elles évoluer dans ce sens ? Dans tous les cas, les salariés doivent aussi poser leurs limites avant d’être aspirés dans la spirale addictive des outils connectés. Des salariés connectés, oui ! mais hyperconnectés, attention aux dérives !

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