teletravail-affaire de confiance

Le télétravail est-il vraiment une affaire de confiance ?

A l’heure des cyber-attaques, peut-on réellement sécuriser le télétravail ? C’est une des questions que peuvent se poser les employeurs pour mettre en place le télétravail ou travail en remote dans leur entreprise. En effet, malgré les nombreux avantages reconnus, comme la réduction des coûts, un meilleur équilibre vie professionnelle / vie privée ou encore une baisse de l’absentéisme, le télétravail progresse doucement en Europe. Actuellement, la moyenne européenne est de l’ordre de 3,5% de télétravailleurs. Les pays du Nord comme le Danemark, les Pays-Bas, la Suède ou le Luxembourg semblent plus ouverts au télétravail que les autres pays européens, avec un taux frôlant les 35% pour le Danemark.

En moyenne en Europe, seuls 3,5% des actifs profitent du télétravail.

À l’ère des open-space ou Desk sharing, le télétravail ne fait-il pas office de repli sur soi ? L’individu, habitué à travailler dans un environnement vivant, actif, communicant, n’a-t-il pas du mal à se retrouver dans un environnement isolé ? Les outils collaboratifs nombreux et variés ainsi que les modes de communication synchrone ou asynchrone prouvent le contraire. Les communautés de télétravailleurs se regroupent d’ailleurs dans des espaces aménagés à cet effet pour éviter cet effet d’isolement et continuer à avoir un contact social lié à un environnement professionnel.

Parallèlement à l’aspect social, la confiance de l’employeur, pas seulement suffisante, mais obligatoirement nécessaire doit être acquise envers le salarié. La question du télétravail doit donc être résolue dès l’embauche. Une fois la confiance et les règles posées lors du recrutement, tous les modes de travail pourront être envisagés. La vraie nécessité, selon moi, reste d’accompagner le changement du salarié, habitué à travailler en bureaux paysagés. Pour développer de nouvelles habitudes de travail, l’employeur doit rester à l’écoute de son collaborateur, lui fixer des objectifs clairs et mettre en place des indicateurs pertinents validant ce choix de travail à distance.

Ouvrir les mentalités paraît aussi fondamental pour développer le télétravail. En effet, selon la dernière enquête d’Eurofound, en 2015, sur les conditions de travail en Europe, les salariés pratiquant le télétravail sont principalement les hommes et les personnes les plus qualifiées. La plupart des métiers utilisant un ordinateur et un téléphone sont pourtant très souvent adaptés à ce style de travail. De plus, le présentéisme sur son lieu de travail reste en accord avec la culture managériale de nombreuses entreprises. Malgré l’horaire mobile, de nombreux salariés ont encore des remarques s’ils arrivent après 9h30 ou partent avant 17h00 même s’ils décalent leurs horaires de travail.

Le télétravail ne résout évidemment pas tous les problèmes de l’entreprise mais reste un outil de flexibilité pour l’employeur et son salarié. La loi pourrait donc évoluer comme en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, pays où télétravailler est devenu un droit du salarié.

 

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