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La formation : sortir du schéma un diplôme / un métier / une carrière

50% des jobs d’aujourd’hui n’existeront plus dans 10 ans. Une obsolescence programmée des métiers, corollaire de la révolution numérique. Ainsi, qui aurait pu prédire il y a à peine quelques années de cela qu’on recruterait en nombre des growth hacker, des data scientists, des développeurs full stack… ? Peu à peu, l’intelligence artificielle transforme le monde dans lequel nous vivons et nos façons de travailler. Alors, face aux robots et aux codeurs rois, comment réagir ? Se former, encore et encore.

Le futur du travail

C’est peu dire que la technologie va à une vitesse folle. Le dernier exemple en date : une intelligence artificielle vient de battre des joueurs professionnels de poker. Or, vingt années se sont écoulées entre la victoire d’un programme informatique aux échecs et la victoire au jeu de go, mais seulement quelques mois entre cette dernière et la victoire au poker. Selon les chercheurs de l’université américaine de Canergie Mellon qui ont développé ce robotce type de programmes pourrait être utilisé pour « négocier des accords commerciaux, mettre en place des stratégies militaires ou planifier un traitement médical. » Rien de moins.

Face à ce rattrapage technologique, impossible de se reposer sur ses acquis et considérer que nous pouvons nous former une bonne fois pour toutes, avec un cursus universitaire nécessaire et suffisant. Il nous faut donc arrêter d’accumuler du capital (connaissances et expériences) et savoir lâcher les investissements de début de carrière, qui peuvent se révéler bien moins utiles au bout d’un moment. Un raisonnement allant totalement à l’encontre de la tradition française du diplôme. Clara Delétraz, co-fondatrice de Switch collective, n’a de cesse de le répéter :

« En France plus qu’ailleurs, nous sommes encore sous l’emprise d’un modèle de travail archaïque “1 diplôme = 1 métier = 1 carrière” qui verrouille les potentiels. »

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Aucun métier n’est épargné, pas même les professions intellectuelles qui comptent sur leur valeur ajoutée pour ne pas se laisser dépasser. Une grande partie du travail journalistique pourrait ainsi être effectuée par les robots. La preuve avec Flint, « une newsletter personnalisée confectionnée avec amour par des intelligences artificielles », comme l’a décrit son inventeur Benoit Raphael, co-fondateur, entre autres, du Lab d’Europe1 et du Plus de L’Obs. Ou comment des machines sont entraînées à faire de la veille de qualité.

Sans une remise en cause de la manière dont l’on travaille et une actualisation régulière des outils offerts par le numérique, difficile d’imaginer rester compétitif dans le futur du travail. Mais alors comment apprendre ?

Apprendre à apprendre

Oussama Amar, co-fondateur de The Family, débute sa conférence « Comment apprendre à apprendre » par ce constat : « On est passé d’un monde où tout ce que vous ne saviez pas avait beaucoup de valeur à un monde où tout ce que vous ne savez pas est disponible dans votre téléphone portable. » Il existe même des MOOC, basés sur les neurosciences, vous promettant en quatre semaines d’apprendre à apprendre. Différents modes d’apprentissage du cerveau, techniques de mémorisation, importance du découpage de l’information…autant de conseils pour tirer parti des multiples formations existantes.

Car aujourd’hui, pour acquérir de nouvelles compétences ou se perfectionner, la formation en ligne se décline sous toutes ses formes, pour tous les niveaux, et est dispensée à la fois par des professionnels et des amateurs. Webinar, MOOC, elearning, tuto…le choix est vaste !

Des enquêtes statistiques réalisées aux Etats-Unis et en France montrent que la principale motivation pour suivre ce genre de formation est la montée en compétences. Selon Jean Condé, doctorant à l’ENS Cachan sur la question des MOOC, « l’objectif du salarié n’est plus d’être “employé” mais de rester “employable”, c’est-à-dire capable de maintenir un niveau de compétence suffisant pour rester compétitif sur un marché du travail incertain et fluctuant. » De plus en plus, ces nouvelles manières d’apprendre sont aussi reconnues sur le marché de l’emploi. En témoigne le succès du cours en ligne sur la gestion de projets animé par Rémi Bachelet, élu au mois de janvier MOOC le plus populaire avec ses 140 000 inscrits. Au terme de celui-ci, l’apprenant obtient une validation par une certification ou des crédits universitaires. L’employeur peut donc s’assurer que la formation a été correctement suivie jusqu’à son terme, et qu’elle a été couronnée de succès. Rien qu’en 2016, 313 MOOC ont été lancés et 2,4 millions de Français s’y sont inscrits.

Mais avant de se former à tout va, encore faut-il avoir été bien orienté dans son parcours scolaire. C’est bien là que le bât blesse en France. Il nous faut radicalement changer de posture dans l’éducation, et accepter que l’on puisse s’être trompé dans le choix de ses études, changer de voie, pivoter. Et s’inspirer de nos voisins scandinaves et anglo-saxons en encourageant le « gap year » : partir un an à l’étranger après le bac afin d’apprendre une nouvelle langue, ouvrir ses horizons, prendre une pause pour réfléchir à la suite de ses études. Selon l’Institut nordique pour les études dans l’innovation, la recherche et l’éducation d’Oslo, plus de la moitié des lycées au Danemark et en Norvège font ce choix chaque année.

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